Historique

L’origine du Marquisat de Gerbéviller remonte au XVIIe siècle, mais dès le XIIe, il existait un château. L’emplacement exact n’en est pas connu : il fut détruit par les armées du duc de Bourgogne. A dater d’alors, par trois fois au cours des siècles, le parc de Gerbéviller connaîtra un nouveau décor.

C’est au début du XVIIe siècle, peu avant la guerre de Trente Ans, que se situe le premier tracé conçu par Charles-Emmanuel de Tornielle. Personnage puissant, il fut en 1608 et 1624 responsable de l’aménagement des maisons des ducs de Lorraine Charles III et Henri II.
Au contact des architectes, artisans et botanistes de la cour ducale, il en profitera pour embellir et agrémenter sa résidence de Gerbéviller. Les vastes jardins qui s’étendaient le long de la Mortagne marquaient leurs limites au nord par un pavillon en brique, tandis qu’à l’ouest une terrasse boisée dominait le parterre dessiné immédiatement derrière le château.

gouache du parc ancien

Illustration : gouache de Thierry BOSQUET, de ce qu'a pu être le parc de Gerbéviller.

Pour réunir le parterre à la terrasse, Tornielle fit construire le Nymphée, une double rampe dans le massif de laquelle furent creusées trois grottes à l’italienne dont on ne connaît aucun exemplaire analogue en Lorraine. Elle fut certainement inspirée par celle du palais Ducal de Nancy, détruite au milieu du XVIIIe siècle, mais bien connue par un série de gravures.

La deuxième étape débute au XVIIIe siècle lorsque Camille de Lambertye, héritier des Tornielle, fit construire par l’équipe d’architectes de Boffrand le château qui subsista jusqu’en 1914.

chateau avant 1914

C’est au début du XIXe siècle que Berthault dessina un second parc. Il revivra grâce au Marquis Ernest de Lambertye. Personnage original, grand érudit et fondateur de la Société d’Horticulture, il enrichira le parc de nombreuses essences exotiques dont nous retrouvons encore des spécimens aujourd’hui.

À la mort du Marquis Ernest de Lambertye, son neveu hérita du domaine à la veille de la guerre 1914-1918.

Après la destruction totale du château et de son contenu dès août 1914, le Marquis Charles de Lambertye s’efforcera, une fois de plus, à reconstruire le château. Avec l’aide de l’architecte Albert Laprade, il ne conservera de l’ancien bâtiment que les murs extérieurs. Le parc du XIXe siècle est remis en état mais la tempête qui sévit en décembre 1999 fit de gros dégâts. Actuellement, les replantations sont en cours et une étude menée par la D.R.A.C. prépare une restauration des monuments. Une mesure de classement au titre des sites est déjà obtenue.

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